Qui était Jean Trubert (1909 – 1983) ? Retour sur la vie et l’oeuvre de cet artiste de talent

Formation BD, bande dessinée, Illustration, Illustrateur, Concept Artist, Story Boarder, Game Designer, dessinateur·trice, Scénariste, Auteur, Character Designer, dessinateur·trice Presse, Graphiste, Web Designer, Animateur, 2D, Directeur Artistique, Packaging, Coloriste, Rough Man, Lead Designer.

Une œuvre diversifiée et foisonnante

Plus de 110 périodiques ont publié sa verve graphique, ses coloris recherchés et bien souvent ses textes.
La bande dessinée lui doit de très nombreuses séries dont assez peu ont fait l'objet d'albums, comme c'était souvent le cas à l'époque. La plus célèbre est la saga du Chevalier Printemps, plus de 170 planches, reprises dans une dizaine de pays. Un album, chez Glénat, reprend en noir et blanc l'un de ces épisodes.
Les personnages de Mousse et Boule donneront lieu à trois albums. La reprise du personnage de Bécassine en 1959 selon le voeu de son créateur Pinchon qui voulait faire de Trubert son héritier spirituel, donnera également naissance à trois albums.
En pleine période de nationalisme breton, ils se vendent à 60.000 exemplaires chacun, très gros tirage pour les années 60.

L’Illustration comme vecteur de ses talents

Mais le grand plaisir de Jean Trubert niche dans l'illustration. Pour la presse junior, bien sûr, comme dans Vaillant, ou dans Pipolin, Francs-jeux, Tintin, dans lesquels il peut laisser s'exprimer toute sa poésie, son humour et sa tendresse.
Il nous laisse quelques très beaux ouvrages pour bibliophiles, comme les Contes de Mark Twain, Vert Vert ou les Joyeux devis de Bonaventure des Périers.
Homme d'esprit et de culture, il occupe le poste de Régent des Travaux Pratiques de Machines à peindre au Collège de Pataphysique, en compagnie de Boris Vian, Prévert, Raymond Queneau, Ionesco et bien d'autres acteurs du monde des idées.

La Défense des droits des dessinateur·trice s

Dès la Libération, il entre au Syndicat des dessinateur·trice s de la presse enfantine, se bat pour défendre les droits des dessinateur·trice s par rapport aux éditeurs et surtout face aux importateurs de dessins américains qui ne respectaient pas les droits.
Puis, devenu président du syndicat, il s'engage dans la grande bataille qui permettra, le 6 août 1963 que les dessinateur·trice s soient enfin assimilés à des salariés et obligatoirement inscrits aux assurances sociales. Jean Trubert et ses quelques confrères de lutte en seront aussi fiers que de leurs plus beaux dessins !

L’hommage d’Albert Uderzo, créateur d’Astérix à Jean Trubert

« (...) Il est vrai aussi que lorsqu'avec René Goscinny, nous avions cru avoir trouvé la bonne idée d'utiliser le Roman de Renart pour le nouveau journal Pilote, un autre grand dessinateur, Raymond Poïvet nous ayant prévenu que Jean Trubert l'avait déjà fait, nous avons dû chercher une autre idée pour enfin aboutir à Astérix. »
"En somme, c'est grâce à Jean Trubert et indirectement à Raymond Poïvet que nous devons la naissance de ce petit gaulois (...) Qu'ils en soient grandement remerciés là-haut, au paradis des dessinateur·trice s de talent."
Albert Uderzo, préface de Jean Trubert et ses Amis ... par Chantal Trubert, sa fille, fondatrice de l'école.

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