JPO #3 : La BD sous toutes ses formes…

Passion, dynamisme, enthousiasme encore dans les espaces consacrés à la BD.

L’enseignement de la Bande dessinée est la première vocation de cette école inspirée par Jean Trubert, lui-même dessinateur et père de la fondatrice de l’Ecole, Chantal Trubert.
La passion pour cet art est perceptible sur tous les panneaux de la salle qui lui est dédiée aujourd’hui et à travers les albums en libre-service dans le hall d’accueil.


Brève rencontre avec le nouveau dessinateur officiel de Thorgal : Fred Vignaux 

Au détour de ma visite, je croise Frédéric dit  Fred  Vignaux, ancien élève de l’Ecole, qui y a ensuite enseigné pendant 9 ans la bande dessinée.
Il reprend depuis cette année la mythique série Thorgal aux éditions du Lombard, désigné successeur officiel par son créateur Rosinski après avoir dessiné les derniers albums de la série parallèle Kriss de Valnor.

Fred Vignaux me confie avoir toujours dessiné « mais les écoles de Bande dessinée n’existaient pas en Province à part à Angoulême, et L’Ecole Jean Trubert – située alors à Antony – était l’une des rares à Paris à enseigner cette spécialité. »

Pour lui qui a d’abord fait des études scientifiques, cet accès à un enseignement professionnel et technique a été un gain de temps inespéré : « C’est un accélérateur remarquable pour la professionnalisation, on gagne 10 ans. »
Dans son regard bleu acier, on sent une certaine nostalgie de ces années de travail et d’expérimentation.
Ses acquis, le dessinateur désormais reconnu les a ensuite transmis en tant qu’enseignant au sein de l’Ecole pour laquelle on devine toujours un attachement très fort.

La BD indépendante avec Mikeulponk et Ayros

Mikeulponk et Ayros

Parmi les anciens élèves désormais auteurs accomplis, je rencontre Mikeulponk  et Ayros  qui représentent la BD indépendante et sont venus dédicacer leur albums respectifs Blood Punks et En Errance en crowdfunding.

Mikeulponk avec son dessin graphique noir et blanc gothique-punk, et Ayros à l’univers illustratif et coloré, poétique et gore, ont un style très marqué.
Admirative et curieuse de ces oeuvres si originales et abouties, je les interroge sur leur expérience en tant qu’étudiants. Très motivés par ce métier, ils ont fait partie des élèves qui se reconvertissaient.
L’Ecole a été une occasion de développer leur style en toute indépendance, d’explorer différentes cultures, de faire des rencontres, de maîtriser les techniques d’encrage et d’illustration mais toujours dans le respect de leur propre fibre artistique.
« Nous n’avons été soumis à aucune influence et avons pu cultiver notre matière personnelle dans un cadre professionnel et bienveillant » me confirme Mikeulponk.
Tous deux sont venus chercher à l’Ecole un enseignement technique, un diplôme reconnu, un réseau professionnel. Ils y ont également acquis la confiance nécessaire en tant qu’artistes pour pouvoir s’exprimer sur la scène BD indépendante avec une personnalité graphique unique et maîtrisée.

« Les profs, c’est la grande force de cette école »


Les élèves actuels de la section BD sont en train de dessiner mais prompts à me répondre pour mettre en valeur leur Ecole.

Il y a ceux qui sont passés par la prépa intégrée, et ceux qui sont arrivés cette année. Ceux qui travaillent sans relâche pendant et après les cours, qui savent déjà dans quelle direction aller. Et ceux qui expérimentent encore, par exemple en intégrant la filière concept Art en 3eme année.


Tous ces élèves ont des styles différents et des envies très variées, mais ils se retrouvent sur la qualité de l’équipe pédagogique et des enseignements proposés. « Les profs eux-mêmes ont différents points de vue qui peuvent être contradictoires ! Mais c’est ce qui est enrichissant, avoir toutes ces critiques constructives et avis divergents pour forger notre propre caractère en tant qu’artistes.»

Samuel s’inscrit clairement dans l’univers des Comics américains et fait déjà preuve d’une grande détermination. Il souligne la qualité des relations profs-élèves et apprécie les conseils professionnels, la mine d’informations que représente certains professeurs, aussi passionnés par la transmission que pas leur art.

Ce qu’ils apprécient aussi, c’est la diversité des enseignements et travaux demandés : dessin de presse, cartoon, manga, franco-belge, comics, roman graphique… La plupart s’affirment désormais dans des styles hybrides qui mixent les techniques.
Certains élèves ont des capacités plus narratives que graphiques et se destineront au scénario et au story-board, d’autres envisagent de devenir coloristes.
Ils me confirment que l’on peut facilement passer d’une section à l’autre lorsqu’on veut approfondir un domaine.Ils apprécient cette flexibilité au sein de l’établissement.


Tout est fait pour encourager la création, l’épanouissement des jeunes artistes… parfois pas si jeunes. « J’ai l’impression qu’il n’y a pas vraiment de limite d’âge pour intégrer l’école. C’est aussi un point fort de l’établissement. » conclut Samuel avec un enthousiasme communicatif.

En savoir plus sur le métier de Dessinateur de BD – Entretien avec Eric Chabbert

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